La Voie du Pôle 2013 : the Arctic expedition of the year! Exclusive interview 4 Arctic05!

There is no hesitation to point out the expedition with code name ” La Voie du Pôle 2013”  will be the polar adventure of the year to follow!

La voie du Pôle 2013 - arctic05

Early July, both Frenchmen Sébastien Roubinet & Vincent Berthet will set sail for a world premiere: an incredible crossing by sail of the Arctic ocean without assistance and engine starting from Inuit village of Barrow in North Alaska heading for the archipelago of Svalbard via the North Pole.

Don’t ever believe this polar expedition will be easy ! It won’t be that easy for sure! Our two explorers will be confronted to the pack-ice , its chaotic shape, drifting block of ice, icy winds, deep fog and to the unpredictable “face to face” with the predator of the Arctic Kingdom, the white bear himself…

map la voie du pôle 2013

You are asking yourself how they will be able with their vessel to sail and slide on the enormous Arctic pack-ice in order to reach their final destination Svalbard?

I asked Sebastien Roubinet, the expedition leader to explain us the objectives of this attempt and to described his “funny”  vessel T-Babouche. With exclusivity for Arctic05, please find here below his interview in French.

Don’t forget to support and congratulate them all along this summer!

– Quels sont les deux objectifs essentiels de cette incroyable expédition que vous allez mener cet été 2013 qui consistera à traverser pour la première fois l’océan Arctique en ligne droite (+- 3000km) du Nord de l’Alaska (Barrow) direction le Svalbard (Longyearbyen) via le Pôle Nord et ce sans assistance et sans moteur ?

La traversée complète de l’océan arctique n’a encore jamais été réalisée sans assistance externe malgré les tentatives de nombreux explorateurs. Trouver le moyen d’y parvenir et réussir à concilier autonomie, rapidité et respect de l’environnement est un défi technologique qui m’intéresse particulièrement.

Un autre objectif essentiel est de recueillir des données sur l’épaisseur de la banquise afin de participer à la calibration du satellite Cryosat-2. Le parcours de l’expédition nous emmène effectivement dans des régions peu accessibles aux chercheurs et nous souhaitons en faire profiter la recherche sur l’environnement polaire. 

interview 3

– Vous aviez déjà fait une tentative durant l’été 2011 mais aviez dû rebrousser chemin pour des soucis de batteries ? Etes-vous prêt techniquement pour cet été ? Y-a-t-il un élément technique que vous redoutez qui puisse surgir soudainement en plein milieu de l’océan Arctique ?

Le système d’énergie a été entièrement repensé avec des doubles circuits de charge et la possibilité de charger nos instruments sans batterie. En dehors de cela, j’ai également construit un nouveau bateau comprenant plusieurs améliorations par rapport à celui utilisé en 2011. Mais est-il vraiment possible de se déclarer prêt à une expédition ? Malgré une rigoureuse préparation, on n’est jamais à l’abri d’un accident, d’un bris, d’une panne et le choc sur le terrain reste toujours le même, surtout en zone polaire. Le risque d’une attaque d’ours reste celui que nous pouvons le moins maitriser. 

– Votre voilier Ti-Babouche est un drôle d’engin atypique de 6 mètres de long et 2,40 de large avec des flotteurs gonflables sur ski-traineau qui a priori serait capable d’évoluer tant sur la redoutable banquise arctique en dérive que sur l’eau glacé, expliquez ? 

L’océan arctique est recouvert par une banquise en perpétuel mouvement. La glace est dynamique et se fracture en créant des voies d’eau, phénomène accentué du fait du réchauffement climatique. Les skieurs en pulkas se retrouvent souvent bloqués par cette eau libre dans leur tentative de traversée, c’est pourquoi un engin hybride capable de progresser tant sur la glace que dans l’eau me semble indispensable pour réussir cette traversée. Il se doit d’être léger pour être tracté lorsque le vent n’est pas au rendez-vous. 

Les deux coques du bateau mesurent donc quelques millimètres d’épaisseur seulement. Elles sont constituées de fibres composites d’Innegra et de basalt acceptant la déformation, et à l’intérieur des coques j’ai placé des vessies gonflables pour leur donner de la rigidité. Un espace de vie de 4m3 relie les deux coques et des semelles en Téflon résistantes à l’abrasion et favorisant la glisse sont collées directement sous les coques du bateau. Avec le gréement, le bateau pèse 150kg à vide. 

interview 4

– Pensez-vous que franchir les remparts et les dunes glacés de la banquise arctique aux formes parfois abracadabrantes et chaotiques (crêtes de compression) seront pour vous et votre co-équipier si évident ? Ou vu sa débâcle estivale, allez-vous rechercher plutôt des chenaux d’eaux libres pour avancer dans ce labyrinthe d’eau et de glaces?

Nous privilégions les zones d’eau libre où la progression est beaucoup plus rapide que sur la glace. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous partons au coeur de l’été. Mais malgré cela, nous aurons sans cesse à franchir des champs de glace chaotique, tractant le bateau à travers les blocs avec nos muscles et des palans. Au fur et à mesure de notre avancée vers le nord, les espaces d’eau se feront de plus en plus rares mais nous naviguerons sur une banquise moins fragmentée et parsemée de lacs de fonte. 

voie du pôle

– Quel entrainement physique suivez-vous pour être capable de tracter votre voilier qui pèsera quelques 400kg alors qu’à vide il est de +-150kg? Quel type d’équipement à bord justifie cette différence de 250kg ?

Le bateau pèse 150 kilos à vide et est chargé d’instruments de navigation, de matériel scientifique, audiovisuel, de carburant et de 200 kg de nourriture. Chaque jour verra la consommation de 1 kilo de nourriture par personne. Le poids du bateau sera donc de 400 kilos au départ et d’environ 200 kilos à l’arrivée. Pour nous préparer à tirer et pousser ces poids, la pratique intensive du vélo et de la randonnée nous semble bien adaptée pour entrainer les cuisses et le souffle sur des temps prolongés. Les cuisses seront en effet très sollicitées sur la surface rugueuse et instable de la banquise.

interview

– De Barrow au Nord du Svalbard, il est possible qu’il y ait de nombreux « faces à faces » avec le Seigneur des lieux, l’ours blanc…redoutez-vous ces instants d’être face au prédateur du Grand Nord lorsque vous serez davantage concentrés à tirer votre « char/voilier » sur la glace du Septentrion ?

Lors de la première tentative en 2011, nous avons croisé 13 ours en un mois. Et nous avons du tirer une fois dans les pattes d’une mère qui n’a fait demi-tour qu’à un mètre du bateau. Nous savons que nous pouvons croiser un ours à tout moment pendant ces 3 mois, même si à proximité du pôle nord les rencontres seront probablement moins fréquentes du fait que la ressource en phoque y est moins présente.

– Vous êtes un habitué des lieux puisque déjà en 2007, votre voilier Babouche avait traversé d’Ouest (Alaska) en Est (Terre de Baffin) le mythique Passage du Nord-Ouest sans assistance, ni moteur…quel fût le plus merveilleux souvenir de cette aventure polaire et quelle fût la plus grande frayeur à ne plus revivre durant cet été ?

En 2007, le mât de Babouche s’est cassé et nous avions pu le réparer dans un village de l’Alaska. Cet été, il ne faudra compter que sur nous-mêmes.
Concernant les souvenirs, il y en beaucoup : des paysages, des lumières et les plaisirs simples de la navigation.

interview 2

– Votre expédition sera une aubaine pour vous de mesurer l’épaisseur de la banquise et de mesurer les changements de températures à ces hautes latitudes. Allez-vous vous associer à des universités ou/et centres scientifiques ? Quelles mesures ou observations feront l’objet de votre traversée ?

Notre programme principal concerne l’épaisseur de la banquise. Nous embarquons pour cela un sonar à glace dans l’une des coques du catamaran. Il enregistrera automatiquement en continu l’épaisseur de glace située sous le bateau. Nous vérifierons régulièrement ces données en effectuant des mesures manuelles à l’aide d’une tarière et d’un mètre. Ce programme est coordonné par Hervé Le Goff, ingénieur de recherche au CNRS, et contribue à la calibration du satellite Cryosat-2. Ce satellite a été lancé en 2010 afin de mesurer l’épaisseur de la banquise et donc son volume, données jusqu’ici mal estimées car les satellites ne mesuraient que la surface visible de la banquise arctique.

Les premières données sont actuellement en cours de traitement et notre expédition est une opportunité unique de valider ces résultats sur le terrain lors de la débâcle estivale. Nous évoluerons en effet dans une zone très peu accessible aux chercheurs.

Tout au long de l’expédition, d’autres programmes sont menés sur la température et salinité de l’océan arctique jusqu’à 200m de profondeur, ainsi que sur la physiologie du corps humain.

interview 1

– A quelques mois de votre départ, il manque pour la bonne réalisation de votre expédition quelques 40.000 Euros ? Vous faites donc un « Appel au soutien collectif » sous la forme d’étoiles sur la coque de votre voilier…Comment les intéressés peuvent-ils concrètement vous soutenir ?

Toutes nos demandes de financements n’ont porté aucun résultat, et les entreprises nous ayant soutenu en 2011 ne peuvent renouveler leur partenariat en raison du contexte économique.

A quelques mois du départ, nous avons donc imaginé ce soutien collectif et proposons aux particuliers et entreprises d’emmener leur étoile au pôle nord. Elle sera collée sur une coque du bateau et peut contenir un texte ou une image. Différentes hauteurs de contributions sont disponibles, de l'”Etoile Blanche” à l'”Etoile Polaire” ! Les dons sont en outre déductibles d’impôts pour les personnes résidentes en France.
Tous les détails pour l’acquisition d’étoiles sont expliqués sur notre site : www.sebroubinet.eu 

interview 5

– Les fans, les curieux, les amoureux des Pôles, les étudiants… pourront-ils suivre en « live » votre périple et sur quel site internet ?

Toutes les nouvelles seront diffusées sur notre site : www.sebroubinet.eu avec une mise à jour quotidienne. Le site hébergera également un tracking live de notre progression.

– Avez-vous un message de sensibilisation à partager ici avec les visiteurs d’Arctic05 ?

Pour la protection des régions polaires et de la planète Terre, n’attendez pas que les initiatives proviennent des autres. Le changement est individuel et proviendra de la volonté de chacun. Revisitons nos modes de vie et nos modes de consommation. A chacun de prendre ses responsabilités. 

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